Noir d'encre

L'écriture comme un combat à mort... lutte instinctive contre le monde,
bain de jouvence contre le temps qui passe et qui resserre l'étau. Nos rêves
piétinés... réduits au silence, ramollis par l'idée de l'inutile... promesse
vaine de la différence !
Car, nous le sommes différents... nous, dont la plume reste le moyen le plus
efficace de nous exprimer...
(...)
Ces mots qui nous accompagnent tout au long de nos existences faites
d'expériences, d'analyses de l'autre, de soi... Perdus dans cet univers
parallèle et étrange que l'on nomme «la vraie vie !»
(...)
Et quand on croit que tout est fini... quand l'inspiration n'est plus qu'une
plainte sourde... nous voilà à nouveau transportés dans une nouvelle
dimension encore plus éloignée, plus profonde...
C'est alors que nous ressentons les premières brûlures d'un feu ardent et
ravageur... nos tripes bouillonnent, une fièvre s'empare de nos corps en
spasmes réguliers... les tempes boursouflées de ce tempo enivrant...
L'enfer et le paradis se disputent encore la place...
Et puis nos respirations s'accordent enfin aux souffles de nos muses
inspiratrices... les mots jaillissent à chaque battement de coeur... et
l'Écriture revient... triomphante, salvatrice, indissociable de «notre
différence...»
Patricia Suescum