La traversée du parc

«Il venait d'acheter ce jour-là une chemise et une
cravate. Cravate pour lui, pour faire bonne figure. Pour
se regarder dans sa glace en s'inventant des aventures
romanesques. Il faut de la tenue quand on est un jeune
homme sous une IV<sup>e</sup> République finissante et qu'on
habite au bas de l'étroite rue Saint-Rémi, dont les
dernières façades encadrent la fontaine des Trois Grâces.
L'eau n'en coule plus depuis longtemps. Hachurant
l'arrière-plan, deux flèches de grue se penchent sur une
cheminée de cargo rouge vif. Bordeaux était à l'époque
un port et Paul venait d'avoir vingt ans.»
Ainsi débute la Traversée du parc à lire «d'un trait»,
comme Jean Lacouture l'a écrit à Michel Rey. Un
roman pour «revivre Bordeaux [...], très sensible et
émouvant, très élégant» (Roger Grenier).