L'incroyable histoire du grand Gelbe : conte sous-lèvres ou l'histoire de Gelbe et de Léna

Un conteur a dit qu'il faut raconter les contes
qui existent déjà, plutôt qu'en créer de
nouveaux. Les contes ont chacun une vie
particulière. Un jour, un d'eux se pose sur notre
épaule, il demande qu'on le raconte, qu'on se
fasse raconter par lui. Rencontre du conte venu
du fond des temps et du conteur.
Monique Dorsel nous a proposé d'écrire un
conte.
Nous avons tendu l'oreille aux images qui nous
titillent, comme un manuscrit fondateur, un
rouleau ancien avec quelques hiéroglyphes
qu'on déchiffre à peine, le début d'une vie mais
aussi le début d'un monde.
Pour Laurence, c'est Gelbe qui porte le début
d'un conte, Gelbe qui racle un pays plat à l'infini,
une terre salée pour en faire émerger l'herbe,
et qui marche sans cesse en avant sans jamais
se retourner, quête éperdue. Repartir de rien.
Pour Gwenaëlle, c'est Léna enfermée, cloîtrée
dans sa maison, qui est venue lui parler. Léna
d'un pays de chair où les souvenirs s'accrochent
aux visages, aux gens qui disparaissent comme
sa mère. Et de là petit à petit des murs, de plus
en plus de murs, qui enterrent les souvenirs. Là,
tout commence, petit, étroit, par une maison,
une famille.
Nous avons découvert à travers Gelbe et Léna
deux mouvements qu'on rencontre dans les
contes : l'enfermement (La Princesse Maleine,
Cendrillon...) et partir pour grandir...
Nous sommes parties de notre réalité que nos
personnages ont petit à petit habitée. Nous
louvoyons de nous à eux, comme si nos questions
formalent une peau dans laquelle Léna et Gelbe
plquent des têtes pour l'élargir et pour l'étendre.