Documents diplomatiques français : 1969. Vol. 2. 1er juillet-31 décembre

Les premiers pas du nouveau président de la République, Georges
Pompidou, sont marqués par l'ouverture dans le domaine de la politique
européenne avec au premier chef le déblocage de la question
de l'adhésion du Royaume-Uni à la CEE. La proposition du président
Pompidou de réunir une conférence au sommet à La Haye (1<sup>er</sup> et
2 décembre 1969) va dans le sens d'un élargissement et d'un approfondissement
des Communautés européennes. Elle se solde par un succès
et constitue un bilan favorable pour la France qui sort de l'isolement
dans lequel elle se trouvait depuis le veto français de 1967.
Au chapitre de l'ouverture, on doit noter aussi la reprise des contacts
avec les pays d'Afrique du Nord, marquée par les voyages du nouveau
ministre des Affaires étrangères, Maurice Schumann, et par les ventes
d'armes à la Libye.
Du point de vue des relations franco-américaines, on est exactement
à mi-chemin entre continuité et changement. En effet, ces relations
étaient en voie d'amélioration sensible dans les derniers mois de l'ère
gaullienne - avec l'élection de Georges Pompidou, cette amélioration se
confirme, au point qu'il est tout de suite question d'une visite du président
de la République aux États-Unis.
En dehors de ces secteurs, la continuité prévaut et on s'en réjouit à
Moscou comme dans les pays arabes. Corollairement, les relations avec
Israël ne s'améliorent guère : elles subissent même une de ces fortes
tensions qui vont les caractériser au cours de la présidence de Georges
Pompidou (vedettes de Cherbourg et vente de Mirage à la Libye).
Continuité aussi dans les relations avec les pays d'Afrique noire, dont
la situation est celle des pays pauvres qui attendent tout de l'aide française,
et qui sont souvent secoués par des coups d'État ou des troubles
intérieurs, en particulier universitaires.
Sur le plan général, la diplomatie française relève qu'aux Nations unies,
les petites nations ont mis à profit leur supériorité numérique pour
faire échec aux superpuissances, que les groupes autrefois cohérents
ont tendance à l'émiettement et font place à des regroupements «d'insatisfaits
et d'ambitieux».