La peau froide

Sur un îlot perdu de l'Atlantique sud, deux hommes
barricadés dans un phare repoussent les assauts
de créatures à la peau froide. Ils sont frères par
la seule force de la mitraille, tant l'extravagante
culture humaniste de l'un le dispute au pragmatisme
obtus de l'autre. Mais une sirène aux yeux
d'opale ébranle leur solidarité belliqueuse.
Comme les grands romanciers du XIX<sup>e</sup> siècle dont
il est nourri - Conrad, Lovecraft ou Stevenson -,
l'auteur de La Peau froide mêle aventure, suspense
et fantastique. Et, dans la droite lignée de ses prédécesseurs,
c'est l'étude des contradictions et des
paradoxes du comportement humain qui fonde ce
roman, véritable jeu de miroir aux espaces métaphoriques.
Les protagonistes pensent être au "coeur des
ténèbres" quand les ténèbres sont dans leur coeur.
Civilisation contre barbarie, raison contre passion,
lumière contre obscurité : autant de pôles
magnétiques qui s'attirent et se repoussent dans
une histoire parfaitement cyclique, car l'homme toujours
obéit aux mêmes craintes, aux mêmes désirs
ataviques. Et depuis la nuit des temps, c'est, à la
vérité, la peur de l'autre - plutôt que l'autre - qui
constitue la plus dangereuse des menaces, le plus
monstrueux des ennemis.