Les traces du traducteur : actes du colloque international, Paris, 10-12 avril 2008

Aucun texte littéraire n'est plat et lisse, et les aspérités y sont
nombreuses. Ce sont d'abord les traces des auteurs qui forment le relief,
le paysage textuel diversifié ce qui constitue, entre autre, son intérêt et
son attrait. On peut dire, en adoptant une certaine vision de la littérature
que les «traces» de l'auteur sont construites en forme de saillances qui
dessinent une cartographie textuelle voulue. Cette cartographie témoigne
de l'identité de l'auteur, du sujet écrivain et du sujet énonciateur, sa
création, l'identité du texte. La traduction, qui n'est pas une démarche
autonome doit, et cela devrait être sa déontologie primordiale, avant tout
reproduire la même cartographie textuelle, les mêmes saillances dans les
mêmes mouvements du texte. Sinon la traduction peut fabriquer, au lieu
de bonnes, de fausses saillances et défigurer l'arrangement textuel
originel. Ce qui entrave, cela va sans dire, toutes les sortes d'identités
mentionnées. Autrement dit, et dit de façon moins guindée et plus
brillante, selon la formulation d'Yves Bonnefoy : «si la traduction doit
aider la poésie à exister», les traces devraient être porteuses du sens.