Les sept chantiers capitaux : pour construire une alternative à gauche

Restés dans l'ambiguïté sur la plupart des questions politiques
et de société, Ségolène Royal et le Parti socialiste ont
subi l'échec en mai 2007. Au terme d'une Présidentielle où il
sut au contraire afficher sur les écrans les arguments les plus
démagogiques, mais non sans cohérence, Nicolas Sarkozy,
leader d'une «droite décomplexée», a emporté l'adhésion
du plus grand nombre. Dans un système médiatique qui plébiscite
la pensée simplifiée à l'extrême, « l'omniprésident »
a su passer, avec des raisonnements comme frappés au coin
du bon sens, pour le plus clair et le plus résolu des candidats.
Aujourd'hui, l'inspirateur d'une politique de dérégulation
tous azimuts et de « détricotage » du social montre le vrai
visage de sa politique. L'échec de la gauche est aussi lié au
manque de réflexion collective, à la confrontation des ego de
ses leaders. Comment susciter l'adhésion en masquant ses
convictions ? Peut-on inspirer confiance sans exposer nettement
son point de vue ? Sortir du flou, tel est le voeu du
Pr Michel Debout : après avoir ausculté la société, il décrit,
avec la complicité du journaliste Gérard Clavairoly, les sept
chantiers capitaux qu'un gouvernement de gauche devrait
ouvrir en cas d'alternance. Effets de la prolongation de
l'espérance de vie, politique du logement, chamboulements
dans le travail, crise annoncée de la démographie médicale,
questions éthiques soulevées par le désir forcené de sécurité,
par «l'illusion sanitaire», par la génétique, abrogation de
l'hypocrite loi de 1970 sur le cannabis, mise à jour des lois
sur la prostitution... autant de rudes chantiers.