Federico Garcia Lorca : images de feu, images de sang

Le monde de Lorca est dominé par les passions.
Traditionnellement définies comme destructrices depuis l'antiquité
grecque, elles renversent les lois sociales, dévastent les héros
lorquiens mais leur font prendre conscience aussi de leur vraie
nature.
Pour vivre des amours toujours interdites (L'héroïne de Noces
de sang aime le mari de sa cousine ; Yerma sait que, seul Victor, le
berger, aurait pu la rendre féconde ; Lorca lui-même était
homosexuel), les personnages lorquiens suivent leur destin
tragique, se libèrent ainsi de leurs chaînes et trouvent, dans la mort,
un chemin vers l'absolu.
Le feu illumine l'oeuvre du poète. Il enflamme les personnages
saisis par la passion, consume ceux qui se débattent dans la prison
des conventions sociales et devient fleur de sang lorsque la mort,
souvent violente, vient dénouer les tragédies.
Les images de feu et de sang rattachent l'oeuvre du poète à la
tradition espagnole mais elles transcendent cette particularité pour
atteindre l'universel à travers le mythe de l'union des contraires,
clef de l'oeuvre lorquienne.