Au coeur de la bataille de Normandie : souvenirs d'un adolescent de Saint-Lô à Avranches : été 1944

«Le cauchemar nous prend par surprise, vers 20 heures. En suivant
des yeux une nouvelle vague d'avions qui survolent la ville, nous
remarquons que de petits objets s'en sont détachés et tombent en tournoyant.
Des bombes ! Nous nous précipitons dans l'abri. À peine y
sommes-nous installés que le bruit de vitres brisées et de gravats ricochant
sur le toit de la tranchée accompagne deux explosions toutes
proches. (...) De l'extérieur nous parvient une rumeur qui enfle peu à
peu : les habitants des quartiers bas, les plus proches, fuient la ville et
gravissent la côte en direction d'Agneaux. Nous accueillons
Mademoiselle Ledoyer (...) Arrivant de l'Enclos, elle apporte des nouvelles
terrifiantes : l'Hôtel de ville est détruit, la rue du Neubourg
gravement touchée ; il y a de nombreux morts et blessés».
Jacques Petit, qui s'apprête à passer son baccalauréat, va bientôt
connaître soixante et onze jours d'exode entre Vire et Sélune, de juin à
août 1944. Dans un style alerte, il nous décrit tout ce qu'il voit et tout
ce qu'il ressent. C'est un témoignage remarquable sur la vie des civils
normands pris au coeur de la bataille.