Une soif de douceur

Dans les années 50, Jean grandit à la campagne, heureux
entre ses deux parents. Curieux des gens et de leurs caractères,
il se réfugie dans son monde imaginaire, joue avec ses soldats
et goûte les pérégrinations en pleine nature, à l'ombre de son
père, pour explorer les prés, les landes et les bois. Mais rien
n'est jamais acquis définitivement.
Par un suffocant et radieux dimanche d'août, l'enfant revient
comblé de sa partie de pêche. Ce jour-là, son père meurt...
Comment le ciel peut-il si facilement jeter un homme par terre,
le priver de sa force, le laisser sans mouvement, sans rire, sans
voix ?
A la rentrée suivante, Jean devient pensionnaire dans une
institution religieuse qui jouit d'une réputation d'excellence
fondée en partie sur sa rigoureuse discipline. Triste, inquiet,
perdu, il se voit dans une prison d'étude, de religion, de prescriptions
et d'interdits. Il connaît l'injustice et se révolte.
Libéré de sa ménagerie d'hommes en noir , pour s'en guérir,
il se dévergondera avec délices. Jusqu'à ce que l'obscur avenir,
enfin jetant son masque un dimanche au bal du village, lui offre
de captiver le sourire et les émois de l'aveuglante beauté , au
doux prénom bouleversant.
Dans une langue sensible, Jean-Claude Sordelli nous offre
un tableau vivant de la France rurale des années 50-60, lorsque
les familles paysannes scolarisaient leurs fils dans des pensionnats,
viviers de toutes les élites. Le ton est juste, lumineux pour
évoquer le quotidien, effrois et bonheurs mêlés, de Jean, un
orphelin confronté aux tragiques mécomptes que la vie réserve
parfois, même aux enfants.