Comme une mandarine

Tel le fruit qui s'ouvre en corolle, révélant ses
sucs et ses transparences, Mandarine offre les
mots charnus, charnels, des poèmes de Bruno
Msika. Mots triturés et malaxés par jeu fervent
- qui s'aimantibulent à frôler le surréalisme -,
où l'amour, le secret blanc de nuit, sous sa robe
glisse ses errances effilochées , où passe un
homme-chien à la voix tonnertifiante comme une
grotte , tandis que les chats - bien sûr - saisissent
les vers au vol avant de... s'envoler vers
un cosmos ici pluriel. Couler dans l'oubli des
mondes... Mais non sans avoir révélé de saisissants
regards dans des collages tels ces
Découpages glacés sur météorite , appuyé de dessins
et de gouaches l'admirable absurdité qu'est
l'existence, sauvée peut-être par les larmes qui
sont dons d'or jaillissant. Très exactement comme
chacune de ces pages.