La philosophie naturelle rétablie en sa pureté. L'ouvrage secret de la philosophie d'Hermès

L'oeuvre du président d'Espagnet compte parmi les classiques
européens de l'alchimie de l'époque moderne. Jean d'Espagnet
(1564 - ap. 1638 ?), fils d'un médecin de Saint-Émilion,
était un magistrat bordelais qui parvint à atteindre, sans doute
sous la protection d'Henri IV ou de son entourage, d'importantes
charges d'État. D'abord avocat, puis président à mortier au
Parlement de Bordeaux, il fut sinon le collègue, du moins l'ami
de Montaigne. Membre du Conseil du roi, collaborateur distant
de Pierre de Lancre dans la chasse aux sorciers du pays de Labourd
(1609), il se retira des affaires publiques à partir de 1616
ou 1617 pour mieux se consacrer aux lettres, à l'alchimie et à la
philosophie naturelle. Il semble avoir fréquenté par la suite, en
compagnie de son fils Étienne d'Espagnet (né vers 1596), les
cercles scientifiques des années 1620-1630. Il vivait encore,
semble-t-il, en 1638.
Le présent ouvrage n'avait jamais connu de réédition intégrale
depuis sa parution en 1651, car la version française de
J. Lefebvre-Desagues, parue en 1972 et depuis longtemps épuisée,
n'était qu'une traduction partielle. Voici donc dans son intégralité
la traduction française, réalisée par un lettré de
l'époque, Jean Bachou, des deux traités que d'Espagnet fit paraître
anonymement en 1623 : l' Enchiridion physicoe restitutoe
(La Philosophie naturelle rétablie en sa pureté) et l' Arcanum
Hermeticoe Philosophioe opus (Traité de l'ouvrage secret de la
philosophie d'Hermès) , suivis de la figure commentée du Zodiaque
des philosophes , ajoutée à l'Arcanum en 1638 par un
amateur d'alchimie demeuré anonyme (peut-être sur les indications
de d'Espagnet lui-même). On y trouvera en outre les poèmes
latins des éditions de 1623 et 1638, traduits par Didier
Kahn dans les annexes de sa préface à l'ensemble de l'ouvrage.