L'espérance oubliée

L'effondrement des utopies et des totalitarismes, le bilan
terrifiant des messianismes terrestres, le règne inhumain
de la technique et du marché marquent-ils la fin de toute
espérance ? Non, répond Jacques Ellul dans ce livre prophétique
qu'il considérait comme le plus crucial de ses
écrits. Au contraire, sans l'espérance, l'évidence du Mal
radical pousserait l'humanité au suicide, le quotidien
deviendrait une machinerie intolérable, et notre condition
tragique tournerait à une condamnation sans retour. Car
seule l'espérance permet à l'homme de s'affranchir du
mensonge, de s'arracher à ses déterminismes désespérants,
de soulever l'histoire. Or, l'erreur fondamentale du
XX<sup>e</sup> siècle aura été de vouloir la séculariser, d'en éradiquer
la verticalité, d'ignorer que l'espérance ne trouve source
et sens qu'en la transcendance. Généalogie critique du
siècle écoulé, de ses rêves et de ses cauchemars, ce livre
est d'abord un grand traité, vivant, de morale active, appelant
au «courage du réel».