Célébration de la bêtise ordinaire

Dans Pierrette , roman paru en 1840, Honoré de Balzac écrivait : « La bêtise a deux manières d'être : elle se tait ou
elle parle. La bêtise muette est supportable ». Qu'aurait-il ajouté s'il avait deviné que jamais, elle ne se démoderait et qu'au fil des siècles, elle achèverait de s'insinuer partout pour mieux empoisonner nos vies ? Depuis l'époque de l'Arche de Noé, elle va. À Buenos Aires, à Varennes-en-Argonne, dans le désert irakien ou simplement, dans le sous-sol d'une maison de campagne, elle règne, implacable. Elle règne et qui s'en soucie désormais ?
Mais guettent ici ou là des anges salvateurs : une petite fille recueillant un chaton, une vieille dame feuilletant les photos de sa jeunesse, un nouveau-né, une rescapée de la rafle du Vel d'Hiv et tant d'autres. Sauront-ils s'imposer comme l'antidote d'un poison devenu universel, le poison de la bêtise, celle qui, bien ordinaire, ne cesse de faire souffrir, aux quatre coins du monde ?
Au fil d'une vingtaine de nouvelles, l'auteur nous invite à célébrer ces hommes et ces femmes sans lesquels nous serions si peu et qui, par leur sincérité, nous encouragent à espérer.