La privatisation de Chicago : idéologies de genre, constructions sociales, identités et espaces urbains

Dans un environnement global où les villes sont en compétition les
unes avec les autres, les autorités de la ville à Chicago ont mis en
place, depuis une vingtaine d'années, une politique de revitalisation
des espaces publics du centre-ville, incluant la privatisation des
services, la déréglementation et des partenariats public-privé.
Comme dans d'autres villes américaines, cette politique implique
aussi parfois de l'interventionnisme à l'encontre des «indésirables»
et des effets comme la gentrification. Se pose donc la question de
l'accès à la ville et à ses espaces, qu'ils soient publics, semi-publics
ou «publics-privés».
Pour tenter de répondre à cette question, l'auteur a interrogé des
représentants du développement à la mairie, des responsables du
logement social à Chicago, des spécialistes de l'urbanisme et de la
planification, des représentants d'associations de quartiers et des
habitants des quartiers centraux. Beaucoup de chercheurs ont déjà
écrit sur le lien entre statut social, appartenance ethnique et espace
urbain. Non seulement la classe et l'appartenance ethnique sont des
catégories importantes pour expliquer qui a accès à la ville et en
particulier au centre-ville revitalisé et privatisé de Chicago, mais il
faut aussi prendre en compte également le genre dans les processus
récents et complexes de transformation de l'espace public urbain, et
que ces catégories sont fortement interconnectées.