Un homme, une femme au paradis : sept méditations sur le deuxième chapitre de la Genèse

Contemplons notre origine, en ce paradis illuminé par la
grâce de l'union de nos premiers parents. Après le péché, ce
mystère d'amour ne sera plus qu'un secret presque oublié
au fond du coeur humain. Et pourtant, ce secret d'avant la
grande rupture de l'histoire humaine, l'Église nous invite à
le retrouver, plus encore à le revivre et à en vivre dans le mariage.
Secret de grâce et d'amour, le seul don qu'Ève et Adam
n'aient pas perdu, la seule puissance de sanctification que
le Christ a, non pas fondée, mais confirmée et promue à la
dignité sacramentelle. Tel est l'enseignement que proclame
l'Église dans la grande bénédiction nuptiale : «Ô Dieu, par
qui la femme est unie à l'homme, et par qui la société, ainsi
ordonnée dans son principe, est dotée d'une bénédiction qui
est la seule à ne point avoir été enlevée, ni par le châtiment
du péché, ni par la sentence du déluge.» Quelque chose
de la grâce du paradis est parvenu jusqu'à nous : l'union
d'Ève et d'Adam s'accomplit en chaque couple de baptisés,
et dans leur être conjugal chaque homme et chaque femme
sont encore au premier Jour du monde. L'acte premier de
l'herméneute est un acte d'humilité devant le texte biblique.
Sans doute n'avons-nous jamais eu autant besoin des leçons
qu'il nous délivre sur l'homme, la femme et leurs rapports.
Ce sont quelques-unes de ces leçons que, à la lumière de la
foi catholique et à l'aide de la méthode philosophique, nous
avons tenté de dégager.