Haïti : économie politique de la corruption. Vol. 4. L'ensauvagement macoute et ses conséquences (1957-1990)

Cet ouvrage, qui couvre la période 1957-1990, porte une réflexion critique sur
la gestion du pouvoir en Haïti, en examinant les rapports de corruption entre la
société haïtienne et la communauté internationale sous le gouvernement des
Duvalier père et fils et de leurs successeurs. Il démontre comment l'avalanche de
corruption est le prix payé par Haïti pour différer la destruction d'un système
pourtant condamné.
La corruption s'est énormément développée à l'échelle mondiale ces cinquante
dernières années, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Mais si
elle peut être contrée dans le secteur privé, elle semble incontournable dans le secteur
public à cause de l'Etat et de la raison d'Etat. Quand il s'agit de la sécurité
d'Etat, ce que les Américains nomment «les intérêts de sécurité nationale», la
morale disparaît par la grande porte. Et ce comportement n'est pas particulier aux
Etats-Unis.
Ainsi, le dictateur François Duvalier met en pratique une chaîne de complémentarité
dans laquelle tontons macoutes, mafieux, agents des services secrets,
financiers internationaux, diplomates, etc. s'associent afin de trafiquer et de s'octroyer
des privilèges, dans un déluge de corruption qui semble dépasser ceux qui
l'ont provoqué dans le but de combattre le communisme.
Cette analyse concerne aussi des formes de corruption telles que le clientélisme,
le favoritisme, le patrimonialisme et la corruption de proximité, souvent laissées
de côté et considérées comme marginales. Cette corruption sociale, la plus
difficile à examiner, renvoie à ce que Michel Foucault nomme le «grain des individus».