L'écriture du corps dans la littérature québécoise depuis 1980

En tant que forme particulière du discours social, la littérature ne saurait
rester étrangère à la «culture somatique» que le 20<sup>e</sup> siècle a vu se
développer. Elle en est à la fois le témoin privilégié et sans doute l'un
des acteurs les plus importants, en proposant des configurations de ces
relations que le sujet contemporain tisse avec son corps, ses perceptions
et ses sensations. La réflexion sur la question est riche de travaux
majeurs qui, de Paul Ricoeur à Jean-Pierre Richard, de Dominique
Maingueneau à Jacques Fontanille ou Éric Landowski, de Didier Anzieu
à Julia Kristeva, ont posé de précieux jalons. C'est à cette réflexion que
souhaitent contribuer les études rassemblées dans cet ouvrage en
s'efforçant de tracer une voie dont la spécificité tient autant au corpus
retenu qu'à une problématique commune. En s'intéressant tout
particulièrement à la littérature québécoise de 1980 à aujourd'hui, elles
abordent des textes qui, profondément marqués par les débats et les
transformations culturelles des années 1960-1970, témoignent de façon
singulière et vive de ce rapport au monde dans lequel le corps et la
sensorialité accèdent au sens. D'autre part, en cherchant à répondre à la
question de l'écriture du corps, elles s'emploient à explorer les
multiples interactions entre le somatique et la textualité.