L'eau des rêves

L'eau des rêves
Il ne parle à personne. Normal : il n'a pas de bouche.
Il ne parle à personne, sauf à son grand-père, mort avant sa naissance. À lui, il adresse de longues suppliques, des invectives, des appels silencieux. Parce que l'aïeul en question s'est tranché les veines dans une vigne, quelque cinquante ans plus tôt, sans qu'on sache pourquoi.
Ensuite, tout le monde s'est, tu - gentil petit secret de famille. Sauf que le narrateur, ce Je bouche cousue, n'en peut plus. Il étouffe, au bord de la folie.
Jusqu'au jour où une erreur d'aiguillage, ou plutôt une série de rêves - ces rêves où l'on meurt de soif auprès d'une eau qui jamais ne désaltère -, le met en présence d'une étrange étrangère dans les collines où, le jour même, on enterre sa grand-mère.
Dans un style tour à tour heurté et limpide, rocailleux et rêveur, une épopée immobile où la langue finit par battre au rythme de la chair.