Le gogol

Un pauvre gosse, ce Patrick surnommé le « Gogol », parce que débile présumé ? Tout le laisse croire, il est laid, il sent mauvais, on le dit martyrisé, souffre-douleur, tête à claques. Mais ce faux débile est supérieurement malin... Daniel Zimmermann, qui a longtemps été instituteur d'enfants inadaptés, fait immigrer les grands mythes dans la banlieue pour mieux les subvertir, et bouscule le langage en y introduisant le français des rues et les slogans publicitaires. Violent, cruel, ce texte est aussi la belle et naïve histoire d'un amour hors du commun.
Le Gogol a connu un grand succès auprès de la critique et du public lors de sa première publication en 1987. Daniel Zimmermann propose ici une nouvelle édition revue.
« Alors, le miracle se produit, le monde de sa fiction et de son souvenir se met à vivre, à palpiter. Le lecteur s'y laisse prendre. » Michèle Gazier, Télérama.
- M'sieur, Leguern il pleure.
- C'est pas vrai, je pleure pas, ma maman elle dit que les hommes ne pleurent pas.
- Oh lui, sa maman !
- Oh lui, il se prend pour un homme !
- Une omelette, ouais !
- Des omelettes comme ça, je m'en cogne un milliard à mon petit déjeuner.
- Un milliard, hé, pauvre mec, t'es même pas cape.
- Répète que je suis un pauvre mec, espèce de pauvre con.
- M'sieur, Rémi Hess il me traite de tous les noms.