How to become a successful loser : autobiographie

Kevin K est un vétéran. Il n'a pas
fait la guerre du Vietnam mais on
peut dire qu'il revient de loin. Car
il peut y avoir bien pire qu'une
meute de vietcongs en embuscade
dans les rizières. L'enfer du
Rock'n'Roll, par exemple !
Ses tentations multiples, ses
désillusions tenaces, ses hauts
trop rares et ses bas toujours plus
abrupts. Ses coups de blues et ses
coups de putes. Il en a vu de toutes
les couleurs, avec effet d'optique
sur le gris très pâle. Pour les
vertes, on ne peut pas dire que ça
l'ait aveuglé, par contre pour les
pas mûres, il a bien souvent
croqué dans le fruit amer.
Un rescapé, un survivant, que sa longue et sinueuse carrière a
malmené, dans son coeur, dans ses tripes et dans ses chairs. Il y a
perdu des plumes, et pas que ça. De New York, où il a écumé tous
les clubs de la grande époque et côtoyé une bonne partie de la
scène, jusqu'à Los Angeles, où il a posé son matos durant quelques
années pour faire l'exact inverse que de se ressourcer, rien
ne lui a été épargné. Il a joué partout, aux Etats-Unis, en Europe
et au Japon. Il a certainement joué dans votre ville. Un punk rockeur
gypsy, de la grande famille fantomatique des Johnny Thunders,
Stiv Bators, Nikki Sudden, Tyla et consorts, partageant avec
Jeff Dahl le goût du voyage et des tournées marathons sur tous les
continents, et ayant peu ou prou la même définition du
Rock'n'Roll, c'est à dire celui façonné par les Ramones, New York
Dolls, Dead Boys, MC5 et les Stooges. Il y a également un air de
famille avec Paul Westerberg. Vous voyez de quoi on parle, là ? Le
gars a 18 albums solos sous la veste, et je passe sous silence ceux
qu'il a enregistrés avec ses précédents groupes (Lone Cowboys,
the New Toys, Road Vultures).
Vous ne l'avez jamais vu dans Rock & Folk mais il mériterait
pourtant d'y trôner en poster central dans chaque numéro.
Kevin K a des histoires à nous raconter... Il faut toujours écouter
quelqu'un qui a joué plus de quarante fois au CBGB.
-Nasty Samy