Il aurait dû passer la balle à Kougloff !

«... Le Game est né sous nos yeux, adolescent difforme de
ses origines incertaines puis monstre adulte dévorant ses
vestales. Du fond de ma coquille, sous la membrane de mon
idiotie, je l'ai observé. Je me suis imposé de ne pas le servir,
puis au fil du temps, j'ai réalisé sa monstruosité. J'ai compris
les raisons qui ont fait qu'un jour, j'ai pressenti qu'il ne fallait
pas passer la balle à Kougloff et souhaité retourner dans le
cocon originel. J'ai réalisé la stupidité qu'il y avait à
idolâtrer ces hommes qui avaient fait de la dispute d'une
balle, l'affaire de notre vie.
Ce n'était, autrefois, bien avant que je ne le serve, qu'un
simple jeu, une détente pour l'esprit, un exercice pour le
corps....»
Peuk aurait-il dû passer la balle à Kougloff ?
Hanté par l'importance démesurée prise par le sport en
général et par le football en particulier, Bernard Chatelet
imagine, à partir de cette question-leitmotiv lancinante, la
société à venir soumise à la loi du "Game", à l'uniformisation
des modes de vie et des esprits.
Vision d'apocalypse rendue supportable par l'humour, tour à
tour tendre et féroce, de l'auteur.
Est-il encore temps de réagir ou devra-t-on compter sur une
intervention divine pour infléchir le cours inexorable de la
décadence ?
Un roman à suspens, plaisant à lire mais qui oblige à une
réflexion approfondie sur notre devenir.