Un ouragan de prudence : les Eglises protestantes vaudoises et les réfugiés victimes du nazisme, 1933-1945

A la suite de l'affaire des fonds en déshérence, qui révéla un
aspect peu glorieux de l'attitude de la Suisse pendant la Seconde
Guerre mondiale, l'Eglise réformée vaudoise a souhaité faire la
lumière sur son comportement d'alors, afin d'en tirer les enseignements
nécessaires pour aujourd'hui. Ce texte, préfacé par
André Lasserre, est le résultat de deux ans de recherche. Il
montre que, sans l'engagement courageux de certains pasteurs,
les autorités des deux Eglises protestantes qui existaient à
l'époque dans le canton de Vaud ne se seraient certainement
pas intéressées aux réfugiés arrivant dans le canton. En effet, la
commission synodale de l'Eglise nationale, majoritaire, s'est
plutôt illustrée par une prudence excessive, une retenue politique,
un silence pesant et une quasi-indifférence face aux événements
qui se déroulaient aux frontières du pays et à leurs conséquences
dramatiques. Or, en 1942 déjà, un pasteur de Leysin écrivait :
«L'Eglise ne peut se taire sans perdre de son autorité.»