Les monastères d'Alsace. Vol. 5. Monastères de cisterciens et de cisterciennes : des origines à la Révolution française

Cîteaux en Alsace avant la Révolution française ! Tel est le contenu de ce cinquième tome des Monastères d'Alsace.
Le premier établissement cistercien fut rapide, dans l'éblouissement de l'éclair bernardin durant la première moitié du XII<sup>e</sup> siècle. Les fondations alsaciennes se rattachent à la lignée de Morimond, érigée en 1117/1118 et orientée vers l'Empire. Bellevaux, fille de Morimond, suscite Lucelle en 1123/1124. Lucelle enfante Neubourg (1128/1133) et Pairis (1138). Carrefour ouvert sur la Franche-Comté et l'Allemagne méridionale, Lucelle crée Lieucroissant au diocèse de Besançon (1134), Kaisheim sur le Danube (1134), Salem près du Lac de Constance (1134/1138), puis en Suisse alémanique Frienisberg (1131/1138) et Sankt Urban (1194). Neubourg, à son tour, enfante Maulbronn au Wurtemberg (1139) et Herrenalb dans le nord du Pays de Bade (1149). Le monastère épiscopal de Baumgarten, fondé en 1125 en Moyenne-Alsace, s'affilie en 1148 à l'Ordre de Cîteaux, également par la lignée de Morimond, mais par le rattachement à l'abbaye de Beaupré.
Fondée vers 1147 à la lisière est de la Forêt de Haguenau sous la protection des Hohenstaufen, l'abbaye des cisterciennes de Koenigsbruck fut affiliée canoniquement à l'Ordre de Cîteaux seulement en 1231 ou en 1232, en raison de l'hésitation initiale de l'Ordre cistercien à s'agréger des monastères de moniales.
À part l'abbaye de Baumgarten, qui disparut au début du XVI<sup>e</sup> siècles, les autres monastères cisterciens se maintinrent jusqu'à la Révolution française, après avoir retrouvé, à la suite la dépression du XVI<sup>e</sup> siècle, une nouvelle vigueur au sein de la congrégation cistercienne de Haute-Allemagne et dans le cadre politique et administratif de l'Ancien Régime français.
À part ces fondations majeures, l'Ordre cistercien connut en Alsace des affiliations mineures. À Soultz en Haute-Alsace, l'abbaye comtoise de Lieucroissant entretenait un pèlerinage en l'honneur des Trois Rois depuis la fondation au milieu du XII<sup>e</sup> siècle jusqu'à son extinction au début du XVI<sup>e</sup> siècle. Surgie sous la protection de Lucelle, la communauté de Schoenensteinbach glissa rapidement, dès 1157, sous l'obédience des chanoines réguliers de Marbach. Le groupe de cisterciennes, établies d'abord à Bâle (1250/1253), puis à Michelfelden (1259) et enfin à Blotzheim (1267), céda en 1450 la place à un prieuré dépendant de l'abbaye de Lucelle. Le monastère de Saint-Apollinaire à Michelbach-le-Haut connut une évolution semblable. Attesté dès 1114, il fut affilié à Lucelle en 1253. En Basse-Alsace, le prieuré de Marienbronn, aux origines obscures, forma entre 1697 et 1789 un prieuré dépendant de l'abbaye de Neubourg. La tentative d'introduire entre 1478 et 1494 l'observance cistercienne au prieuré Saint-Guillaume à Strasbourg échoua.
Après l'extinction de l'Ordre cistercien à la suite de la Révolution française, l'ancien tronc bernardin connut une nouvelle résurgence par l'arrivée des trappistes et des trappistines à Oelenberg en 1825. Réalisée dans un cadre politique, administratif et économique nouveau, cette double fondation est traitée au tome six de l'histoire des Monastères d'Alsace.