La chute du Second Empire : Reichshoffen, Sedan, Metz

La chute du Second Empire : Reichshoffen, Sedan, Metz

La chute du Second Empire : Reichshoffen, Sedan, Metz
Éditeur: Economica
2015174 pagesISBN 9782717868173
Format: BrochéLangue : Français

Après avoir été le maître de l'Europe et fait trembler ses rois, Napoléon I<sup>er</sup>

ne pouvait imaginer qu'en rétablissant Ferdinand VII sur le trône d'Espagne,

en 1814, il allait donner à la Prusse le moyen d'assumer la rancune qu'elle

tenait à l'égard de la France, depuis l'outrage subi à Iéna. Leipzig et Waterloo

n'avaient pas suffi pour laver l'affront de cette défaite. Pendant plusieurs décennies,

elle attendit l'occasion qui allait lui permettre de provoquer un casus

belli. La candidature du prince Léopold de Hohenzollern au trône d'Espagne

resté vacant lui en donna l'occasion. Ce nom avait déjà été prononcé au cours de

l'année qui précéda la guerre de 1870. Benedetti, ambassadeur à Berlin, avait

prévenu Paris qu'à deux reprises des émissaires espagnols avaient rencontré

M. de Bismarck pour négocier l'offre de la couronne d'Espagne au prince

Léopold. Ce choix, contraire aux intérêts de la France, ne pouvait déplaire à

Bismarck puisqu'il lui servit de prétexte pour mener sa politique expansionniste

et pousser Napoléon III à la faute. Oubliant les idées progressistes de sa

jeunesse et le discours qu'il fit à Bordeaux en proclamant l'Empire c'est la

paix, l'Empereur, influencé par son entourage fera le choix de la guerre contre

la Prusse.

Le courage des soldats de la ligne et les glorieuses charges du corps des

cuirassiers ne pourront compenser la faiblesse et les erreurs du haut commandement.

Si le désastre de Sedan entraîna l'abdication de Napoléon III, la capitulation

du camp retranché de Metz, qui allait suivre, sonna le glas du Second

Empire et les espoirs de régence du maréchal Bazaine. La paix sera finalement

signée avec la Prusse, mais l'inéluctable esprit de revanche qui avait animé

les vainqueurs passera dans le camp des vaincus. Même si Thiers obtiendra

du roi de Prusse que le Territoire de Belfort restât français, il ne pourra faire

oublier la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine. Il faudra attendre

l'hécatombe de la Première Guerre mondiale pour qu'elles redeviennent provinces

françaises.

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