Le père Diogène

Une écriture aux multiples facettes
Ce qui est toujours surprenant, dans l'oeuvre multiforme de Han Ryner, c'est la manière dont sans cesse il a voulu se renouveler.
Dans Les Surhommes , il inaugure une forme très singulière de science-fiction, que je dirais volontiers « parabolique ». Mais cette veine littéraire, il ne la poursuivra pas vraiment.
Il est chez lui des livres de sagesse. La Sagesse qui rit et Le Rire du sage , des livres de profonde spiritualité stoïcienne, comme Le Cinquième évangile , des contes fantastiques mais à thèse, Les Voyages de Psychodore, philosophe cynique , d'autres encore qui sont plutôt une réflexion sur la vie et l'amour, comme son surprenant Prenez-moi tous ! , etc.
Le Père Diogène reprend le style du roman, mais de manière différente, assez proche toutefois du Sphinx rouge , autre roman qui sans cesse reprend la pensée de l'auteur.
Du livre tel qu'il est, ressort une atmosphère étrange, comme si la pensée s'y faisait, au-delà de la description de l'absurdité du monde des humains, une interrogation sur la pensée elle-même.
Est-il absurde de penser ? Possiblement, quand la pensée ne saurait qu'être folle, du moins quand elle est confrontée à la folie des hommes.
Un beau livre, en tout cas, comme Han Ryner en avait le secret.