Des plumes et des hommes : conte

Les deux héros de cette odyssée, le terrien appelé à
devenir moineau et la déesse Aphrodite, font connaissance dans
un commissariat.
Dans ce conte, Jean-Claude Lamatabois file la métaphore
ornithologique, laquelle, depuis Anatole France et son « Ile des
pingouins », a gagné ses lettres de noblesse. « Des plumes et des
hommes » commence dans un commissariat et s'achève dans un
supermarché, ce qui peut surprendre mais obéit à des lois oniriques,
loin des codes surannés. Libre au lecteur de traquer le
mystère, la magie des mots et l'errance poétique du fabuliste épris
de mythologie grecque, de tragédie antique.
C'est l'histoire d'un homme qui devient oiseau et plutôt que de
conquérir l'espace et de domestiquer le temps, le volatile,
volage, ne songe qu'à Aphrodite que les Romains appelaient
Vénus.
Lamatabois se joue de lui-même et de ses drôles d'oiseaux...
Les cygnes sont idiots et dédaignent les lacs (au risque de froisser
Tchaïkovski et Lamartine !), les colombes sont orgueilleuses...
Seuls les albatros se hissent au niveau des dieux, lesquels peuvent
revêtir, si nécessaire, notre physique apparence jusqu'à redevenir
mortels. Mortelle est la Vénus de Lamatabois.
Tout ce petit monde embarque pour Cythère avant que de
gagner, par les airs, les hauteurs insoupçonnées de l'Olympe tandis
que les simples humanoïdes, au plus profond de la douleur et
de la folie, clament leur amour de la vie. Bien que JCL s'en
défende, la moralité de son histoire prenant les allures d'une
pirouette, là est peut-être le sens caché de ce fabliau.
Alain Besson.