Sous le soleil de Hölderlin : Oedipe en question : au premier temps du complexe était la fille

Il y eut autrefois, à la fin des années 1960, une étude germanique sur
le mythe solaire chez Hölderlin , jugée inachevée. La recherche fut reprise
plus tard par la méthode psychanalytique. Essayer de revenir de Hölderlin
représentait encore une entreprise risquée, mais désormais en
psychanalyse appliquée, mise à l'épreuve après coup de la littérature
appliquée.
Hölderlin et la question du père de Jean Laplanche, en 1961, était un
ouvrage «pionnier». Mon travail s'efforce de montrer en quoi la théorie
de la séduction généralisée de ce psychanalyste est l'effet après coup ( la
Nachträglichkeit ), «traductif», d'une inspiration hölderlinienne. La
théorie de la séduction généralisée a pour conséquence un remaniement
topique, qui écarte à présent l'OEdipe de la «Vulgate» du noyau de
l'inconscient.
Je trouve paradoxalement au cours de ma recherche que le mythe
solaire chez Hölderlin peut se traduire en psychanalyse par un complexe
d'OEdipe généralisé , relatif au «père du temps» (dans la traduction par
Hölderlin d' Antigone de Sophocle). Ce dernier est «le premier»
organisateur de la topique du moi, à la façon d'un schème représentant la
catégorie du message énigmatique dont il est porteur. Né du refoulement
originaire, il est inconscient au départ, hétérosexuel , parce qu'il n'arrive
que dans le temps de l'autre qui précède.