Urgence retraites : petit traité de réanimation

Je promets, mes successeurs paieront... Depuis Colbert,
aucun homme politique n'a su résister à la tentation. Ainsi
l'histoire nous a-t-elle légué près de 200 régimes de retraite
différents, lesquels entassent les dispositifs les uns sur les autres,
sans ordre ni méthode, au fil des revendications syndicales et des
idées géniales des cabinets ministériels. Inégalités et injustices
forment désormais un écheveau devenu inextricable, un tableau
indéchiffrable, y compris pour le gouvernement et le Parlement.
Jacques Bichot fait une description imagée
et claire de ce palais du facteur Cheval à moitié
effondré. Analyser ce qui n'a pas marché,
comprendre les raisons de cet échec, telle est
la critique constructive à laquelle il convie ses
concitoyens, leurs élus, et les grands commis
de l'État.
Pour refonder ce système devenu ingérable, il suggère de prendre
au sérieux la devise républicaine : la liberté qui, dans un cadre de
responsabilité, conduit chacun à donner le meilleur de lui-même ;
l'égalité, c'est-à-dire des règles identiques pour tous ; la fraternité,
car nul ne doit être abandonné au bord du chemin. Il y ajoute la prise
en compte de l'éducation des générations futures, vraie préparation
de nos futures retraites, pour déboucher sur la vision stratégique
qui fait défaut depuis si longtemps.