L'orientalisme, les orientalistes et l'Empire ottoman : de la fin du XVIIIe à la fin du XXe siècle : actes du colloque international Paris, Palais de l'Institut de France, 12 et 13 février 2010

L'Empire ottoman a été, durant près de cinq siècles, un des
principaux, voire le principal champ d'expérience de ce
qu'il est convenu d'appeler l'orientalisme. Cette notion
recouvre en fait des disciplines très différentes, scientifiques
ou artistiques, parfois les deux, qui ont pour point commun
l'étrangeté, réelle ou apparente, de leur objet. Les orientalistes,
formant très tôt une communauté scientifique à travers l'Europe,
ont parfois exagéré, ou caricaturé, cette étrangeté. Ils ont aussi,
dans bon nombre de cas, contribué à la réduire et redécouvert
l'universel derrière le particulier et le singulier. Et s'il leur est
arrivé de se mettre au service de la pénétration européenne, ils
ont aussi participé à une modernisation de l'Empire ottoman
respectueuse des traits distinctifs de celui-ci.
Or l'Empire ottoman a été totalement négligé par Edward
Said dans sa célèbre charge contre l'orientalisme. Sur un cas
d'école, ce colloque entend non pas réhabiliter l'orientalisme
mais en souligner la grande diversité et, à certains égards,
l'utilité pratique, méconnue chez nous depuis qu'il a disparu
des nomenclatures disciplinaires.
Pour cela, des chercheurs et érudits, réunis autour de
Sophie Basch, Nora Seni, Pierre Chuvin et Michel Espagne
ont choisi, dans le cadre de ce colloque historique, de mettre
en valeur la dimension européenne des études sur un Empire
qui était à la fois d'Europe et d'ailleurs et la fascination qu'il a
exercée.