Le jeune enchanteur

La nouvelle Le Jeune enchanteur fut publiée une première
fois dans un grand journal parisien L'Esprit public
(20-22 février 1846) quand Charles Baudelaire avait 24
ans, une deuxième fois six mois plus tard dans une revue
mensuelle, Le Magasin littéraire , et une dernière fois sous
la forme de feuilleton sous la signature Baudelaire-Dufays.
C'était «sa première oeuvre littéraire» et il en tirera
fierté dans une correspondance avec sa mère. Cependant,
quelques années plus tard, des critiques émirent des
doutes quant à la paternité de ce récit. En effet, le jeune
Baudelaire s'était attribué, en la traduisant, la nouvelle du
révérend George Croly (1780-1860), The Young Enchanter ,
parue en 1836 dans un volume de la collection «The
Forget Me Not», très populaire à l'époque. Cela a été
brillamment démontré près d'un siècle plus tard par W.
T. Bandy dans Le Mercure de France , (1, II, février 1950).
Que Baudelaire se soit approprié cette nouvelle fantastique
indique bien la haute estime en laquelle il tenait
l'oeuvre de l'écrivain britannique.