Elites et intelligentsias dans le monde caraïbe

Élites et intelligentsias ont-elles une résonance spécifique en terre caraïbe
et à quels «modèles» peut-on les rattacher ?
Du côté des élites socio-politiques, difficile de masquer une tendance
lourde : leur capacité à se perpétuer pour le meilleur et souvent, pour le pire.
L'image de la Caraïbe s'en trouve rarement rehaussée et, dans les cas
extrêmes, on pourra aller jusqu'à parler de véritable faillite des prétendues
«élites». Cela a de plus en plus conduit l'intelligentsia caribéenne à faire le
choix de l'exil, privant ainsi les pays d'origine d'un potentiel qui profite aux
pays déjà les plus riches de la planète. La fuite des cerveaux reste l'une des
plus préoccupantes tragédies. Les membres les plus éminents de
l'intelligentsia, principalement les écrivains, ont consacré une part de leur
énergie à dénoncer les tares de tout un système de pouvoir où n'a cessé de se
déliter le sens du bien commun. Leur représentation des élites est
généralement sans concession, même si, de façon symptomatique, sinon
inquiétante, certaines oeuvres dénotent plutôt une sorte d'indifférence
cynique, voire nihiliste.
Fruit des séminaires organisés à l'université Michel de Montaigne-Bordeaux
3 par notre groupe de recherche interdisciplinaire Caraïbe
Plurielle de 2005 à 2007, les textes de collègues français et caribéens réunis
ici présentent de fortes convergences par-delà la diversité même des cas de
figure abordés.