Échanger, n° 71. Débuter et redébuter dans le métier

Qu'est-ce qui peut aider un enseignant à faire ses premiers pas dans le métier,
à passer, comme dit la formule, «de l'autre côté du miroir» et surtout à
s'y maintenir durant toute une carrière dans des conditions satisfaisantes ?
C'est à cette question que tente de répondre ce numéro de la revue
Échanger , à travers des témoignages d'enseignants, de conseillers pédago
giques, de formateurs IUFM et de personnels administratifs, impliqués dans
la gestion des ressources humaines.
On y découvre ce qui aide et ce qui n'aide pas quand on entre pour la
première fois dans le métier ou quand on y entre, comme pour certains
«quadra» aujourd'hui, après plusieurs autres expériences professionnelles.
On comprend combien débuter et progresser dans ce métier nécessite de
remises en question personnelles et professionnelles, qui dépassent de loin
l'acquisition de savoir-faire pédagogiques. Ces remises en question ne se
limitent d'ailleurs pas aux «débutants». Il n'y a pas que les néo-titulaires
qui débutent : les remplacants, «brigades» du premier Degré ou «Titulaires
sur Zone de Remplacement» du second Degré, se considèrent parfois
comme des débutants. Qu'apporte l'expérience de l'enseignement en lère
STI, quand le remplacement suivant est en 5ème de SEGPA ? Avoir enseigné
deux mois en CM2 permet il d'affronter sans crainte une année en CP ?
Certains remplacants choisissent cette facon d'exercer le métier, mais tel n'est
pas le cas de ceux-qui re-débutent, après avoir cédé momentanément à la
pression de classes qu'ils finissaient par ressentir comme invivables. Comment
prendre un nouveau départ quand l'expérience pése plus qu'elle ne guide ?
Autant de points que ce numéro s'efforce d'éclaircir, pour que ce «métier
impossible», selon Freud, puisse néanmoins continuer d'être une profession
exaltante.