La jeunesse d'Albert : de la Bretagne à l'Algérie

Quarante-huit années après sa douloureuse expérience
d'appel du contingent dans le bled algérien, Albert tient la
promesse qu'il s'était faite de témoigner. Le temps a passé,
le lent travail de reconstruction et de mémoire est maintenant
abouti. L'histoire commence le 4 novembre 1934 en
Comouaille et s'y termine en novembre 1957, à son retour
d'Algérie.
De sa vie heureuse et insouciante de jeune laboureur à l'enfer
des djebels de Petite Kabylie, il ne nous cache rien. Il décrit
la rude vie des «bifins» : dénuement, privations, marches
forcées, insécurité, atrocités commises au détriment des
«rebelles», mais aussi des malheureuses populations
civiles, pauvres parmi les pauvres, pressurées par la sale
guerre qui se cache sous le beau nom de «pacification».
Témoignage sans concession qui nous
dit la conscience torturée d'Albert
- il s'en tirera sans avoir failli à son
honneur d'être humain mais pas sans
dégâts pour lui-même -, ce récit
d'une poignante authenticité ne peut
que nous renvoyer à la tragique question
posée par Aragon : «Est-ce ainsi
que les hommes vivent ?»