Libéralisme et antilibéralisme catholiques

Le 16 juin 1871, s'adressant à une délégation d'une
centaine de Français, le pape Pie IX leur dit : «Ce qui
afflige votre pays et l'empêche de mériter les bénédictions
de Dieu, c'est le mélange des principes. Je dirai le mot
et ne le tairai pas : ce que je crains, ce ne sont pas tous
ces misérables de la Commune de Paris, vrais démons
de l'enfer qui se promènent sur la terre. Non, ce n'est pas
cela ; ce que je crains, c'est cette malheureuse politique,
ce libéralisme catholique qui est le véritable fléau.»
Ainsi, aux yeux du pape, le pire danger pour l'Église
provenait, non de la persécution ouverte (qui venait
pourtant de faire des martyrs à Paris), mais du «fléau
de ces opinions absolument erronées que l'on nomme le
catholicisme libéral», ainsi que l'écrivait Léon XIII,
trente ans plus tard, aux évêques anglais.
Persuadés à bon droit par ces enseignements des
papes que les doctrines du catholicisme libéral étaient
«irrémédiablement inscrites au catalogue des erreurs
condamnées par l'Église» (cardinal Pie), de courageux
écrivains prirent la plume pour combattre ces erreurs.
De 1846, début du pontificat du bienheureux Pie IX,
à 1914, fin du pontificat de saint Pie X, cette «école de
l'antilibéralisme catholique», comme l'Histoire l'a appelée,
a connu un étonnant âge d'or, avec des hommes et des
oeuvres d'une particulière importance. Le présent
ouvrage entend proposer une courte introduction à ce
corpus doctrinal et historique trop peu connu.