Les sigisbées : comment l'Italie inventa le mariage à trois : XVIIIe siècle

Rome, Venise, Naples... À l'époque de Casanova, de Tiepolo
et de Goldoni, la noblesse italienne invente un modèle
étonnant de mariage à trois : le mari, la femme et le chevalier
servant de celle-ci : le sigisbée.
Parfois marié, mais le plus souvent célibataire (voire ecclésiastique),
le sigisbée accompagne la femme d'un autre homme en
société, de manière officielle. Avec l'accord du mari. Les voyageurs
étrangers visitant l'Italie ont rendu compte avec surprise
de la diffusion dans la péninsule du «mariage triangulaire»,
toléré par l'Église. Doté d'un statut officiel, le n° 3 du couple
ouvre aux femmes des possibilités inattendues qui sont loin
d'être seulement amoureuses.
Utilisant les mémoires, les correspondances et les archives notariales
aussi bien que la littérature, la musique et la peinture,
Roberto Bizzocchi fait revivre brillamment des destins singuliers
parfois pathétiques, parfois sordides, parfois sublimes...
On entend ici des voix étonnamment présentes et sensibles, notamment
celles des femmes qui trouvaient parfois leur compte
(ou moins de mécomptes) dans ce dernier éclat d'une société de
salons et de conversations.