Les signes des temps : à la lumière de Vatican II

Le grand souffle conciliaire qui s'est levé il y a
maintenant cinquante ans sur l'Église et sur le monde
n'a pas fini de nous interroger. Il demeure une
invitation - dérangeante mais ô combien féconde - à
approfondir une exigence fondamentale de l'Évangile :
l'attention réelle portée aux plus pauvres, aux plus
faibles, aux laissés-pour-compte. C'est dans ce même esprit
et à la même époque que Jean Vanier a fondé L'Arche, forte
aujourd'hui de plus de cent quarante communautés
à travers le monde, où des personnes vivant avec un
handicap sont reconnues dans leur dignité humaine en
partageant avec d'autres leur quotidien et leurs espérances.
Au seuil de ces deux anniversaires, Jean Vanier ouvre
ici des pistes de réflexion en suivant l'invitation
de Jean XXIII à «scruter les signes des temps». Il nous
appelle à nous libérer de la «tyrannie de la normalité»
qui laisse sur le bord du chemin tant d'exclus, et nous
rend aveugles à la meilleure part de nous-mêmes.
Et il s'adresse en particulier aux chrétiens pour leur
rappeler qu'«une certaine vision défensive, étriquée et
fermée de l'Église doit disparaître pour laisser naître ce
que l'Esprit saint prépare».