Correspondance. Vol. 3. Janvier 1875-décembre 1879

Correspondance. Vol. 3. Janvier 1875-décembre 1879

Correspondance. Vol. 3. Janvier 1875-décembre 1879
Éditeur: Gallimard
2008603 pagesISBN 9782070120406
Format: BrochéLangue : Français

Ce troisième volume de la correspondance de Nietzsche couvre la

période qui va de janvier 1875 à décembre 1879 : cinq années décisives,

intenses et douloureuses, marquées par la maladie, la découverte de

l'Italie, la rupture avec Wagner et la publication des aphorismes libérateurs

et lucides d' Humain, trop humain.

Pareille évolution aurait-elle été possible, cependant, sans la présence

de plus en plus marquée dans la vie de Nietzsche d'une maladie aux

causes obscures, mais sans cesse plus cruelle, qui oblige Nietzsche à

renoncer progressivement à son enseignement de la littérature grecque

à Bâle et à chercher sans relâche le climat le moins défavorable à sa

santé, dans une quête qui le conduira notamment dans l'Oberland et en

Engadine ? La découverte de l'Italie lors du séjour à Sorrente, grâce à

la sollicitude maternelle de Malwida von Meysenbug, dans l'hiver 1876-1877,

constitue une sorte de parenthèse lumineuse et amicale, riche

en lectures et en réflexions communes qui trouveront un écho dans les

notations d' Humain, trop humain. Mais cette période charnière est

dominée par les effets terribles de la rupture avec Wagner : si Nietzsche

analyse encore avec enthousiasme l'oeuvre et les projets du musicien dans

«Richard Wagner à Bayreuth» (1876), la dernière des Considérations

inactuelles , la déception que suscite le festival cette même année constitue

un des grands tournants de la vie et de la pensée de Nietzsche, désormais

penseur libre , indépendant, souverain. Mais aussi solitaire.

Quelques amis seulement l'entourent et le drame intellectuel de première

grandeur qui se déroule au fil de cette correspondance est d'autant

plus bouleversant que nous le voyons se jouer dans un tout petit cercle : le

fidèle Overbeck ; Paul Rée, le libre penseur ; le musicien Köselitz, «Peter

Gast» ; la douce et délicate Marie Baumgartner, sa première traductrice

; le distingué Carl von Gersdorff ; Malwida von Meysenbug, «l'idéaliste»

; Elisabeth Nietzsche, qui n'est encore à cette époque qu'une soeur

aimante qui songe au mariage pour elle et pour son frère.

Enrichie par des extraits des lettres de ses correspondants, la correspondance

de Nietzsche, arrachée le plus souvent à des moments de

terrible souffrance, brille pourtant de tout son talent de styliste ; plus

que jamais, même quand elle fait entendre une longue plainte, sa voix est

portée par une étrange énergie, l'expression d'une confiance : la conviction

d'être un penseur d'exception. Celui du «gai savoir» à venir.

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