Autour des oeuvres de Georges Chapouthier et Florence Burgat : biologie de l'homme et phénoménologie des animaux

Comment penser et décrire l'animal aujourd'hui ? Faut-il insister sur
l'identité homme-animal, au point de supprimer toute différence ?
Doit-on maintenir un propre de l'homme, et si oui, lequel ? Comment
éviter les travers de l'anthropocentrisme ? Que faire - et ne pas faire -
aux animaux, et au nom de quoi ?
Georges Chapouthier et Florence Burgat travaillent depuis longtemps
ces questions, d'une manière qui déplace nos (pré)conceptions. Si les
deux auteurs se rejoignent sur le fait que les animaux ont un vécu dont
l'homme peut saisir les contours, leurs approches sont complémentaires,
ce qui suppose une part de divergence, propice à la réflexion. Georges
Chapouthier envisage l'homme à partir de la biologie et de la
neurobiologie : comme un animal spécifique, plus développé que les
autres animaux par certains aspects. S'appuyant notamment sur les
approches offertes et les outils forgés par la phénoménologie, Florence
Burgat suit une autre direction : penser les animaux pour eux-mêmes,
sans les rapporter aux préoccupations humaines, mais surtout sans
partir de l'humain pour les penser, si c'est bien là le meilleur moyen de
ne jamais sortir d'une perspective privative de l'«animalité».