Changement de propriétaire : la guerre civile continue

Que s'est-il passé depuis que l'«entreprise France»,
comme on dit maintenant à l'Élysée, a changé de
propriétaire, le 6 mai au soir ? Dans cette chronique
des Cent Jours du sarkozysme triomphant «sans tabou ni
complexe», on assiste à l'installation d'un nouveau système.
Derrière des mots neutres - bouclier fiscal, TVA
sociale, franchise médicale -, il s'agit d'enrichir les riches
en faisant payer les pauvres. Derrière l'hommage à Guy
Môquet et aux martyrs du Vel' d'Hiv, on rafle les sans-papiers
qui n'ont pas «vocation» à rester parmi nous.
L'oligarchie de la finance, de l'armement et du show-biz se
resserre autour du président de tous les Français et
l'asservissement des médias cimente le consensus
ambiant.
Mélangeant à dessein les sources les plus variées, s'aidant
d'entretiens avec Jacques Rancière (sur la notion de populisme),
Alain Badiou (sur la trahison chez les anciens
maoïstes), et Daniel Bensaïd (sur l'actualité du marxisme).
Eric Hazan donne à voir une évidence, que chacun est plus
que jamais tenu de taire : la guerre civile continue.