Le fado

À lisbonne existe un chant qui, à la tombée de la nuit,
parcourt les ruelles tortueuses et les coeurs nostalgiques
dans les recoins des tavernes. On l'appelle fado , ce
souffle qui, sur quelques accords de guitare portugaise,
enfle les voix rythmées par la poésie et les blessures du
«destin».
Né il y a deux siècles dans les quartiers du port, parmi
marins et prostituées, ce chant d'origine populaire a évolué
au fil du temps. Chronique sociale anonyme, il a fait
rire en racontant les anecdotes du quotidien ; il a gagné
ses titres de noblesse en séduisant l'aristocratie ; il a
donné voix à une parole ouvrière naissante ; il a croisé
aussi la propagande nationaliste de la longue dictature.
Aujourd'hui, sur les traces d'Amália Rodrigues, mondialement
connue, le fado a conquis les scènes internationales.
Pourtant son histoire, riche et contradictoire, reste
polémique. Désabusé ou plein d'espoir, le fado semble
avoir été sans cesse confronté à une forme de censure.
Mais toujours, on y entend les accents d'un art profondément
marqué par une inquiétude, au fond, universelle.
Un CD-audio de fados enregistrés à Lisbonne en 2003
offert en fin d'ouvrage