Je voulais vous dire...

«Ensemble, nous avons fait un bon bout de chemin,
entre nous pourtant cela n'a pas été toujours le
grand amour. Je vous aimais, mais j'ai souvent été
maladroit à l'heure de vous le faire savoir. Je
manquais de vocabulaire autant que de confiance
et d'aisance pour exprimer ce que je ressentais
vraiment au fond du coeur. Mon image s'en trouvait
brouillée, j'en étais conscient, même si je donnais le
change. Le malentendu toucha des sommets, vous
vous en souvenez, le jour de ma défaite en finale de
Roland-Garros 1988, où, voulant vous faire partager
ma peine, je me couvris de ridicule.
«Le temps a passé, aujourd'hui j'ai quarante ans, et
j'éprouve le besoin de faire le bilan d'un passé chargé
de grands moments (la finale de la Coupe Davis en
1991) et de graves blessures, au corps et à l'âme.
J'avance avec la prudence d'un accidenté de la vie,
mais je me sens à présent libéré et plein d'espérance.
Parce que enfin, rassemblant tout mon courage, j'ai
trouvé la force de mettre noir sur blanc tout ce que
je n'avais pas su vous dire...»
Henri Leconte.