Ethnologie française, n° 4 (2004). Ethnologues et géographes

ETHNOLOGUES ET GÉOGRAPHES
Avril 2004 Tome par Marie-Claire Robic
Ethnologie française
« La géographie et l'ethnographie sont de très proches parentes ; ce n'est pourtant pas une raison suffisante pour qu'elles se détestent », rappelait le géographe Jean Brunhes en 1913, alors que les sciences sociales naissantes visaient à se différencier lés unes des autres.
Aujourd'hui, la rivalité entre ethnologues et géographes est-elle encore de mise ? Est-elle même possible alors qu'ils sont parfois appelés à jouer le rôle d'« expert », ici, pour définir des zones d'appellation contrôlée ou là, pour traiter de conflits géopolitiques infiniment plus cruciaux ?
Comment traiter ces enjeux communs que sont le patrimoine, l'environnement, les pratiques culturelles, le risque technologique... ? Dans la recherche vive, les sollicitations de l'actualité rapprochent ethnologues et géographes. Ils coopèrent souvent, dans leurs différences : traditions disciplinaires, sensibilité particulière au terrain, au quotidien, à l'individu. Ils inventent des dispositifs interdisciplinaires comme, par exemple, des alliances inédites avec les sciences du vivant pour penser la nature dans la ville. Quant à la carte et aux atlas, représentations plus opaques qu'il y paraît, ils se prêtent à manipulation politique.
Quant au regard anthropologique né des Lumières, il ignorait le partage disciplinaire, de même que les savoirs coloniaux. D'hier à aujourd'hui, c'est un plaidoyer pour un cousinage qui nous est ici proposé.