Rimbaud et l'Algérie

À partir de Jugurtha , un poème peu connu que Rimbaud écrivit
à quatorze ans, Hédi Abdel-Jaouad analyse la fascination
qu'exerça l'Algérie sur le jeune garçon.
Rimbaud actualise la légende afin d'illustrer une autre résistance
: celle de l'émir Abdelkader en lutte contre les Français.
Malmenant le double mythe de l'Afrique romaine et de l'Algérie
française avec humour, le poète est l'un des premiers Français
à reconnaître le fait national algérien ; Rimbaud prend le parti
de l'Algérie contre la France !
Et puis, dans l'imaginaire rimbaldien, l'Algérie est l'espace
fantasmé investi d'une puissance émotionelle : celle du père
absent. Ce père qui, chef du Bureau arabe à Sebdou, aurait été
témoin des dernières chevauchées de l'émir Abdelkader, et qui,
en tout cas, fut le catalyseur de la fascination de son fils pour
l'Afrique et l'Orient.
L'Algérie a nourri l'univers poétique de Rimbaud qui, à son
tour, a laissé des traces dans la poésie algérienne et arabe.
Cette influence perdure chez de nombreux poètes, d'expression
française notamment, qui voient en lui le prototype du révolté
radical.