Errances. Les chemins divergents de la littérature et du pouvoir politique

En 1926, trois ans après Cris , où sont
rassemblées les nouvelles de la période du
4 mai 1919 (dont «Le journal d'un fou»),
Lu Xun publie Errances. Si ce recueil est
resté inédit en français, c'est sans doute
qu'il correspondait trop peu à l'image
idéologique qu'on s'est longtemps faite de
son auteur. Les onze nouvelles qui le composent
sont en effet autant de variations
sur l'errance des intellectuels chinois des
années 1920, anciens lettrés devenus petits
fonctionnaires, piégés entre leurs souvenirs
d'un passé rural familier mais cruel et la
modernité incertaine ou trompeuse des
grandes villes occidentalisées où ils
peinent à trouver une place.
À travers ces textes et l'essai «Les chemins
divergents de la littérature et du pouvoir
politique» que nous leur avons joint, le
lecteur pourra découvrir un autre Lu Xun,
le moderniste hésitant, confronté à l'effondrement
du monde traditionnel qu'il a
pourtant souhaité, mais dont ne semble
sortir aucun nouvel ordre historique
et politique.