Histoire de l'astronomie au dix-huitième siècle

Le dernier travail de Delambre fut une Histoire de l'Astronomie. Cuvier, dans un discours
prononcé sur la tombe de Delambre, a jugé ainsi cet important ouvrage :
"Avant lui l'histoire de l'astronomie avait ses temps fabuleux, comme l'histoire des peuples
; des esprits superficiels n'avaient pas su la dégager de sa mythologie ; loin de là, ils
l'avaient embarrassée encore de conceptions fantastiques. Delambre paraît, et sans effort
il dissipe ces nuages ; lisant toutes les langues, connaissant à fond toutes les sources, il
prend chaque fait où il est, il le présente tel qu'il est ; jamais il n'a besoin d'y suppléer par
les conjectures et l'imagination. Nulle part, dans ce livre d'une simplicité si originale, il
ne se substitue aux personnages dont il raconte les découvertes. C'est eux-mêmes qu'il
fait parler, et dans leur propre langage. Chacune de leurs idées se montre au lecteur
comme elle s'est montrée à eux-mêmes, revêtue des mêmes images, entourée du même
cortège d'idées préparatoires et accessoires ; on le suit à travers les âges et dans tous ses
développements ; on en voit naître à chaque siècle comme des générations d'idées nouvelles,
et ainsi se forme et se complète, en quelque sorte sous nos yeux, cette science
admirable, première création du génie de l'homme et celle qu'il lui a été donné de porter
le plus près de la perfection ; et ce qui dans ce grand ouvrage n'est pas moins précieux ni
moins rare que cette exposition simple et entière des faits, c'est cette probité scientifique,
si l'on peut s'exprimer ainsi, cette recherche pure de la vérité, que rien ne détourne de son
but : ni les jalousies nationales, ni la considération des personnes, ni ces idées de parti qui
sont venues troubler jusqu'à la science du ciel."