Les séances des Etats généraux : compte rendu des débats. Vol. 2. Du 29 mai au 14 juin 1789

"En raisonnant comme les commissaires du Roi,
il n'est pas jusqu'au despotisme ministériel qu'on
ne pût nous présenter comme un droit de la
couronne. Les lettres de cachet, la prohibition de
la liberté de la presse, la violation des lettres
confiées à la poste ; en un mot, toutes les manières
d'attenter aux libertés et aux propriétés
individuelles seraient autant de prérogatives de
la couronne.
Peut-être, dans les circonstances, n'est-ce pas
de la sagesse des ministres du Roi, de mettre en
opposition les intérêts de 24 millions d'individus
avec ceux de deux cent mille privilégiés ; nous ne
les accuserons cependant pas de favoriser
l'aristocratie, puisque leur intention, clairement
manifestée, n'est que d'établir le despotisme le
plus absolu sur la totalité des citoyens. Pour y
parvenir, ils ont besoin de professer la doctrine
des aristocrates, qui, dans leur fanatisme, ne
s'aperçoivent pas du piège qu'on leur tend.
Mirabeau, séance du 5 juin.