Veille, rideau de pluie. La rumeur de la mer

Pas de mots qui se poussent du col
tournent en rond
ivres d'eux-mêmes
ou hurlent fauves dans la nuit
Il fuit ceux qui nécrosent
Il écrit pour dénouer // renouer avec la beauté // et l'éventuelle bonté humaine [...] // veilleuse // palpitant au coeur du corps [...] // pour une main tendue // qui sauve le meilleur du jour
Pureté . C'est le mot qui vient à l'esprit, quand jusqu'à nous s'avance une âme cristalline - telle l'âme du vrai poète.
C'est ce mot qui vient à l'esprit, quand on lit l'aéré et vivifiant recueil de Jean-Noël Guéno, Veille, rideau de pluie , suivi de La rumeur de la mer .
Qui nous touche et nous rafraîchit autant par ses qualités humaines, que par ses qualités proprement poétiques.
La bonté - première des vertus, parce qu'elle contient toutes les autres - y imprime sa trace discrètement têtue, et dresse à sa suite, résolues et ardentes, l'amitié fraternelle, la sagesse de la joie, et la soif de justice.
La beauté - qui est, chez Jean-Noël Guéno , de haute retenue - s'y exprime purifiée de toute grandiloquence, de toute redondance, avec la modeste simplicité d'un Verbe essentiel, frappant de justesse, et bouleversant de nudité.
Pureté du coeur, pureté de l'écriture : ne tiendrait-on pas là, dans ce monde en miettes , espoir inespéré, la possibilité d'un saut et d'un salut ?