Etat, santé publique et médecine à la fin du XIXe siècle français

Il faudra attendre la première moitié de la III<sup>e</sup> République (1870-1914)
pour que la société française se dote d'une très forte juridiction
sanitaire. Les lois de santé publique sont votées, en nombre, peu de
temps après les découvertes en microbiologie de Pasteur (entre 1855
et 1870) puis l'action efficace des hygiénistes à diffuser les résultats
de leurs enquêtes médicales auprès des autorités concernées. Dans
le même temps, les épidémies de peste, de choléra, de variole et de
typhoïde terrassent d'effrois morbides les populations humaines.
Dans ce livre consacré à l'histoire d'une société qui se médicalise
de façon radicale (corpus d'archives originales en main), la loi du 15
février 1902 renvoyant à la protection de santé publique prend une
très large part au récit. Il s'agit du tout premier texte du code de la
santé qui résume les préoccupations de salubrité visant à venir à bout
des épidémies et des maladies contagieuses. De ce vaste chantier de
prophylaxie sanitaire, il reste à constater que les organismes et les
autorités de l'époque ne s'accordent pas toujours sur les principes
d'organisation, ou que la population demeure rétive à appliquer les
réglementations lorsque le mal frappe. C'est pourquoi le principe de
vaccination et de revaccination est de nouveau imposé à la population.
Désormais, les médecins doivent déclarer toute maladie contagieuse
constatée chez leur clientèle. L'organisation soudaine des services de
santé publique s'impose et l'assainissement des logements insalubres
(conférant la loi de 1850 relative aux logements insalubres) reste
d'actualité pour lutter contre la tuberculose. Enfin, la loi de 1902,
synthèse de cette politique de santé publique nouvelle, impose le
raccordement des maisons au tout-à-l'égout dans les villes de plus de
20 000 habitants pour lutter, en particulier, contre la typhoïde.