Les bases et les arsenaux français d'outre-mer, du Second Empire à nos jours

Dakar, Mers el-Kébir, Papeete, Saigon... : ces
noms exotiques renvoient à des événements
très divers de l'histoire de l'outre-mer français.
Cependant, au-delà des épisodes les plus
connus, l'histoire coloniale et navale, en France,
n'a pas accordé jusqu'ici toute l'importance
requise à des infrastructures pourtant cruciales :
les bases et arsenaux d'outre-mer. Ce colloque
est le premier à leur rendre justice : l'arsenal est
en réalité l'outil industriel indispensable à la mise
en oeuvre des politiques navale et coloniale de la
France. De plus, les bases sont des pôles déterminants
pour le développement industriel local.
Elles assurent une présence de la France dans le
monde, jouant à la fois un rôle économique et
stratégique.
Outre l'organisation matérielle des
arsenaux, illustrée par de nombreux plans et
photographies, les études réunies ici abordent
la politique française des bases, qui trouve ses
origines à la fin du XIX<sup>e</sup> siècle. Se développant
pendant l'expansion coloniale, frappée par les
chocs de la décolonisation, elle aboutit à des
formes de coopération contemporaine parfois
contestées. Cette histoire n'est pas seulement
française, et les textes réunis ici offrent de
nombreuses comparaisons : sont ainsi évoqués
l'exportation des savoir-faire vers le Japon du
XIX<sup>e</sup> siècle, ou encore les problèmes rencontrés
par la Royal Navy en Méditerranée ou par l'US
Navy durant la guerre froide.
Richement illustré, le présent ouvrage,
véritable synthèse sur une question méconnue,
s'adresse aux historiens amateurs comme aux
universitaires. Les interventions de chercheurs,
fondées sur des archives inédites, sont
complétées par celles d'anciens acteurs, en
particulier ingénieurs de l'armement. L'amiral
Jacques Lanxade, qui, avant de devenir chef
d'état-major des armées, fut, à la fin des années
1960, chef du bureau des infrastructures à
l'état-major de la Marine, a accepté de conclure
les actes de (...).